Innovatage n°2 : Chris Peacock

Chris Peacock

“L’inclusivité c’est que chacun ait la possibilité de réaliser la même chose mais peut-être de manières différentes. Mais si vous avez un objectif et que vous voulez créer quelque chose, rien n’est impossible.”

🟡 Innovatage : épisode 2

Nous nous sommes cette fois rendus à Londres pour rencontrer Chris Peacock et l’interviewer sur son parcours et sur son innovation en faveur de l’autonomie motrice : la handSteady® Cup.

La tasse handSteady® est une tasse à anse rotative dédiée aux personnes en perte ou en difficulté de motricité comme les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, d’arthrose, de sclérose ou de tout autre type d’atteinte à la motricité des bras et des mains. Sa anse pivote à 360° sans renverser la tasse et son contenu et, ainsi, limite les risques de salissement, de blessure ou de fatigue physique et morale.

En bref, la tasse handSteady® permet davantage d’autonomie et de sécurité !

Interview innovatage à Chris Peacock créateur de la tasse handSteady®

 Qui est Chris Peacock ?

Chris Peacock est le directeur de l’entreprise handSteady Ltd dédiée à la création de cette tasse qui permet de boire plus facilement et en autonomie pour les personnes en difficulté motrice. Il a eu l’idée de cette tasse à anse rotative lorsqu’il a constaté combien un membre de sa famille atteint de Parkinson avait du mal à boire sans renverser le contenu de sa tasse. Naturellement, il a pensé que de nombreuses personnes devaient être dans la même situation et a décidé de créer sa propre entreprise pour commercialiser la HandSteady® Cup.

Retranscription de l’interview

Anissa:

Bonjour tout le monde, bienvenue dans un nouvel épisode d’innovatage.

Innovatage c’est la combinaison d’un produit ou un service inclusif innovant et un reportage sur le créateur de ce produit.

Que nous soyons enfants ou adultes, jeunes ou âgés, avec ou sans particularité, “même si je pense que nous avons tous une si nous creusons bien” nous méritons tous de trouver une place au sein de la société.

C’est depuis Londres que je vais vous présenter un objet qui bouge sans renverser son contenu, ainsi que son créateur et vous montrer qu’en observant bien son entourage ou la société, nous pouvons tous être acteurs d’inclusivité sans être forcement touchés par une particularité à titre individuel.

Aujourd’hui avec nous… Chris!

Salut Chris, peux-tu te présenter s’il te plait ?

Chris:

Oui, donc je m’appelle Chris, je suis directeur d’une société appelée Hand Steady Limited, spécialisée dans l’amélioration de la qualité de vie de personnes présentant une maladie longue durée, en les aidant à boire.

Anissa:

Merci. Sur le marché, il existe de nombreux produits qui améliorent la vie des gens.

Quel est votre produit ?

Chris:

Mon produit est un gobelet anti-renversement doté d’une poignée rotative, ce qui permet au gobelet de rester droit même si la poignée est maintenue dans différents angles. Ainsi, les personnes ayant des mouvements réduits dans leurs mains ou dans leur cou peuvent le porter à leur bouche sans avoir à plier leur poignet.

Ensuite, il peut être incliné de plusieurs façons sans avoir à tordre le poignet, vous pouvez donc le soulever comme ceci, appuyez votre pouce vers le bas comme ça. Il est plus facile pour les personnes souffrant de tremblements de le tenir dans des positions où les tremblements sont diminués, par exemple le coude peut être rentré, le bras peut être tenu comme ça, donc le tremblement est amoindri.

Ces personnes souffrant de tremblements, peuvent transporter le gobelet de la cuisine au salon. Ou bien le porter à la bouche simplement en le tenant comme ça.

Voilà c’est mon invention qui s’appelle ” handSteady ” une tasse anti-renversement, avec une poignée rotative. Ah et il y a aussi un couvercle caché et l’idée ici est qu’il est très discret et que vous pouvez boire à travers comme un couvercle normal. Mais le but est que vous pouvez facilement appuyer dessus sans avoir à utiliser beaucoup de force, positionnez-vous comme vous le souhaitez et comme vous pouvez le voir, il est assez discret pour conserver sa dignité.

Bien sûr, avoir un couvercle a un certain nombre d’autres avantages comme garder les boissons plus chaudes plus longtemps ou plus fraîches plus longtemps si vous prenez une boisson froide, et cela peut encore réduire les éventuels déversements.

Nous l’avons conçu pour qu’il ressemble à de la porcelaine chinoise. Une tasse à café en porcelaine avec une épaisseur assez fine. Elle est fabriquée à partir d’un plastique de haute qualité qui va au micro-ondes et au lave-vaisselle. Et nous avons choisi un blanc qui correspond à la couleur de la porcelaine, mais c’est un type de blanc qui imite un peu la porcelaine. Nous l’avons conçu pour qu’il soit aussi normal que possible
et c’est plutôt réussi car moi-même je me trompe parfois, et j’ai du mal à différencier notre tasse de la vraie porcelaine.

Il y a d’autres avantages, si vous êtes alité ou si vous êtes en fauteuil roulant, vous pouvez tendre le bras comme ça et vous pouvez la porter à votre bouche sans avoir à tordre votre corps. Pour les personnes atteintes du syndrome de fatigue chronique, par exemple, ou les personnes malades pour qui le plus petit effort est un défi, elles peuvent simplement tendre la main. Par exemple, quand on est au lit, on n’a même pas à se lever autant. Les personnes n’ont pas à se redresser, quand on se redresse habituellement c’est pour avoir un angle d’inclinaison confortable, mais cette tasse vous pouvez la contrôler facilement.

Une dernière chose, c’est pour le personnel soignant, il peut tenir la tasse près de la bouche d’une personne en contrôlant le poids de la tasse et du liquide. Le soignant peut avoir une expérience plus confortable et plus sûre. Et le patient a une expérience plus digne.

Anissa:

C’est Incroyable ! Comment l’idée t’est-elle venue ?

Chris:

J’ai eu l’idée parce que mon père a la maladie de Parkinson et je me souviens l’avoir vu dans le salon et avoir vu que quand il tenait sa tasse il bougeait comme ça. Je pouvais voir deux choses d’abord que c’était dangereux pour lui et ensuite du point de vue de la dignité alors qu’il n’était pas encore au stade auquel il pouvait renverser sa tasse à ce moment-là, je pouvais voir que mes yeux étaient attirés par ça. Je suppose que je me suis concentré sur son handicap, plutôt que de me concentrer uniquement sur lui, parce que c’était l’une des premières fois que je le voyais comme ça.

J’étais au “Royal College of art” en train de faire une maîtrise en Ingénierie du design industriel et j’ai dû proposer une idée de projet, alors j’ai pensé que ce serait génial d’avoir un objet qui pourrait se positionner entre la main de quelqu’un qui a des tremblements et un objet qui est porté, qu’il s’agisse d’un stylo, d’un rouge à lèvres ou d’un gobelet. J’ai donc pensé à utiliser de l’électronique et des moteurs, nous en avions qui mesurait le mouvement, et poussait les choses dans la direction opposée, cela fonctionnait bien, mais ce que nous avons constaté lorsque nous l’avons testé avec des gens, c’est que le mouvement était très léger et la meilleure façon de garder quelque chose immobile était d’utiliser la gravité et les roulements à billes.

Nous nous sommes donc débarrassés de l’électronique et nous nous sommes concentrés uniquement sur le fait de boire correctement malgré des tremblement. Au départ, c’était un “porteur”, mais nous avons constaté que les gens l’utiliseraient régulièrement. Et nous avons découvert que du point de vue physique, car je suis diplomé en physique. Plus vous pouvez prendre la poignée proche du centre, proche de l’axe de gravité, moins on le sent lourd et l’ensemble est plus stable. C’est pourquoi nous avons intégré dans la tasse un roulement à billes.

C’était bien et nous avons découvert que beaucoup de gens bénéficient également de cette trouvaille par exemple les personnes atteintes de la maladie de Parkinson et de tremblements, mais aussi d’arthrite et d’autres maladies, alors nous avons travaillé avec plus de 100 personnes différentes avec des conditions de santé différentes et des experts de la santé pour l’affiner et cela a donné cette tasse.

Anissa:

Très bien ça me rappelle quand j’ai créé le masque inclusif. Au début, il visait l’entourage des personnes sourdes mais ensuite son utilisation s’est rapidement étendue à tout le monde parce qu’on pouvait voir le sourire et les visages.

C’est très impressionnant.

Chris:

Cela peut se passer comme ça, vous savez, en vous concentrant sur la résolution d’un problème.

Je pense que lorsque vous faites du développement de produit ou tout type de projet, ça peut être plus simple si vous vous concentrez sur un type particulier d’audience ou d’utilisateur et ensuite vous pouvez commencer à l’étendre. C’est beaucoup plus simple, plutôt que de le faire dans l’autre sens.

Par exemple, quand j’ai commencé cela, je voulais créer un appareil qui pourrait faciliter 35 activités de la vie quotidienne rendu difficile à cause des tremblements, mais en fait c’était trop compliqué et en se concentrant uniquement sur le fait de boire dans de meilleures conditions, c’était beaucoup plus facile. Donc, je sais que vous savez de quoi je parle, l’imagination commence à travailler on scanne son environnement, qu’en est-il de ce type d’utilisation ? qu’en est-il de ce type d’utilisateur ? et nous avons trouvé que beaucoup de personnes atteintes de SEP l’utilisent et ceux qui ont des mouvements restreints qui pourraient être dus à une faiblesse.

Toutes ces personnes sont susceptibles d’utiliser une tasse comme celle-ci à cause de cette faiblesse. Certains des utilisateurs se servent de l’autre main comme celle-ci pour contrôler la tasse et cela a mis en évidence les avantages d’avoir une poignée comme celle-ci afin qu’ils puissent ensuite la tenir de cette façon et ainsi contrôler l’inclinaison.

Mais je me souviens d’une personne atteinte de sclérose en plaques. J’avais fait une très petite poignée que je trouvais très élégante et tu pouvais y mettre juste un doigt c’était charmant et puis nous avons aussi essayé une poignée plus grande comme celle-ci qui est une poignée avec une bonne prise, parce que tu peux avoir les quatre doigts dedans et cette personne m’a dit que la petite poignée était horrible et la grande était idéale, alors j’ai pensé que nous dévions simplement opter pour une poignée plus grande alors.

Anissa:

Et combien de temps cela a-t-il pris entre l’idée et la production ?

Chris:

Ça a pris pas mal d’années, en fait six ans, j’ai travaillé sur d’autres projets et d’autres choses, mais ce qui s’est passé au début, c’est que nous avons exposé le concept initial à l’exposition du programme de fin d’études du Royal College of Arts.

La BBC l’a couvert, le BBC News et ensuite, grâce à cela, beaucoup d’autres médias ont couvert l’idée et j’ai reçu environ 400 courriels de différentes personnes disant : “J’aimerais avoir ce produit, quand sera-t-il disponible ? j’ai besoin de ce genre de chose”. Et le sujet principal était que les produits existantes ne répondait pas aux attentes des gens, c’est pourquoi j’ai gardé cette idée à l’interieur de moi et je l’ai maintenu en vie.

Nous avons eu quelques problèmes techniques à résoudre, parce qu’au départ c’était un support, puis nous avons intégré une tasse et c’était la première fois que je faisais ça, mais oui, le processus a pris beaucoup plus de temps et je pense qu’avec ce que je sais maintenant, je serais beaucoup plus rapide.

Anissa:

OK, c’est impressionnant.

D’habitude quand on commence un projet, il y a beaucoup d’obstacles, je me souviens que le mien était le temps parce que c’était pendant le confinement et nous avions besoin que ce produit soit disponible en quelques semaines, maximum un mois.

Quel genre d’obstacle avez-vous rencontré ?

Chris:

Les obstacles que j’ai rencontrés, et il y en avait un certain nombre, l’un d’entre eux était le défi technique des roulements à billes, pour être en mesure de maintenir le roulement à billes en place. Donc la façon dont cela fonctionne est qu’il y a des roulements à billes à l’intérieur, mais l’ensemble doit fonctionner avec peu de friction, et c’est un défi technique.

J’ai parlé à quelqu’un que je connais il conçoit beaucoup de choses, des vélos pliables. C’était à l’université et il m’a dit qu’il connaissait un gars qui était très doué pour faire de la modélisation et pour réfléchir aux choses, alors j’ai travaillé avec lui et c’était une joie de travailler avec lui, ça a changé la donne en fait parce qu’on était deux à résoudre de manière créative les problèmes d’ingénierie détaillée. Donc c’était vraiment bien d’avoir quelqu’un pour m’aider sur ce point.

Une autre a été de trouver des fonds parce que j’ai été surpris de voir combien ça coûte de mener à bien un tel projet. L’objet est fabriqué en utilisant un processus de moulage par injection et cela coûte beaucoup d’argent pour créer cet outil en acier et il y avait beaucoup de composants à l’intérieur. J’ai donc parlé avec des gens et j’ai découvert qu’une fondation offrait des prêts, je les ai approchés parce que c’était dans ma région, à Londres, et que ça correspondait à leurs objectifs et ils ont fourni le financement. La banque ne l’a pas fait, mais elle a dit que c’était un très bon moyen de financement.

Anissa:

Ils ont cru en ce projet.

Chris:

Oui, ils y ont cru, oui, et ils étaient prêts à prendre un risque. Ils fournissent habituellement des subventions. Mais ils veulent toujours développer le soutien aux entrepreneurs mais aussi beaucoup de missions entrepreneuriales pas seulement des gens qui ne sont pas des résidents locaux.

Une autre difficulté était de trouver une usine pour le faire parce que c’était la première fois. Je suis allé à l’université et j’ai demandé s’ils avaient une sorte d’incubateur, une installation où peut fabriquer des objets et faire de la conception assistée par ordinateur. Je leur ai demandé qui ils connaissaient et ils connaissaient quelqu’un qui était un expert en plastique. Je l’ai rencontré et puis il y avait un technicien qui pouvait concevoir les outils et il se trouve qu’il faisait aussi de la production.

J’ai trouvé quelques autres personnes et j’ai lancé un appel d’offres concurrentiel, j’ai fourni le cahier des charges et j’ai obtenu un devis qui a confirmé que cette organisation que nous avions trouvée était une bonne solution.

Ensuite nous avons commencé à produire des échantillons en Chine, vu que la qualité était bonne et plutôt que de ramener l’outillage au Royaume-Uni, nous avons continué à travailler en Chine.

Les obstacles étaient donc :

L’argent, trouver un fabricant et puis se mettre à la conception.

Anissa:

C’est un peu comme un processus créatif ?

Chris:

Oui, absolument et je pense qu’il faut savoir trouver les bonnes personnes pour vous donner les réponses ou savoir comment faire les choses.

Anissa:

C’est très important

Chris:

C’est très important, en effet. Je pense que ça fait partie du rôle des entrepreneurs à notre époque. Une époque où il y a beaucoup de gens qui peuvent faire des choses pour vous et que vous pouvez les trouver sur Internet par le biais du freelancing, des sites Web ou d’autres moyens.

Je pense qu’il est très important de penser à ce que vous voulez faire, de savoir quels résultats vous attendez et vos critères de réussite. Ensuite vous pensez à qui peut savoir comment le faire ou une alternative, qui peut m’aider par exemple, je pense que c’était vraiment utile.

J’ai oublié de dire tout à l’heure que nous avons eu des retards dans la fabrication et la conception, nous avons dû attendre que le financement arrive et d’autres choses. Et ma femme m’a dit pourquoi ne pas faire plus de tests et peut-être affiner le produit encore plus ? Et ce processus a été très utile parce que nous avons vraiment transformé la poignée en une poignée beaucoup plus subtile cela nous à amener à parler à beaucoup plus de personnes et conclure que ca pourrait donc aider beaucoup plus de gens parce que parfois, avec un investissement qui est le prix d’une nouvelle voiture pour créer l’outillage en acier, vous voulez essayer de le faire correctement, surtout parce qu’il pourrait servir à produire au moins 100.000 unités.

Anissa:

Vous venez de donner quelques conseils, quel serait le meilleur conseil que vous donneriez à un futur entrepreneur ?

Chris:

Si cela implique…

Anissa:

Le conseil principal

Chris:

Le conseil principal ? C’est une très bonne question parce que je pense que l’une des choses qui me tient à cœur, malgré le fait que ça m’ait pris beaucoup de temps pour produire ceci et d’autres projets dans lesquels je suis impliqué maintenant. C’est de penser à comment obtenir des raccourcis, comment y arriver plus rapidement et poser cette question à d’autres personnes qui l’ont déjà fait est très utile, et s’entourer de conseillers est très utile.

Je pense que ce que je recommanderais aux personnes qui développent des produits physiques, c’est d’aller directement à l’usine ou au fabricant et de commencer à leur demander s’ils peuvent faire des prototypes. En partant de l’idée et tu la réalises et c’est incroyable ce que tu as fait, en quelques semaines tu as pu créer ton produit, l’élan que tu as eu est incroyable et je pense que oui, c’est peut-être ce type de produits en plastique qui peut avoir des délais différents à cause du processus de moulage mais ces entrepreneurs célèbres que nous voyons à la télévision et autres, s’ils ont une idée, ils connaissent les bonnes personnes, ils ont tout mis en place et ils peuvent produire rapidement. Alors s’ils peuvent le faire, pourquoi pas nous, d’une certaine manière, et c’est parfois un défi que vous devez relever.

Anissa:

Depuis le masque, j’ai tellement d’idées, mon esprit est très créatif.

Est-ce que c’est comme ça pour vous ?

Chris:

Oui, surtout si je me donne la permission de le faire, parce que les idées fusent dès que l’on commence à se donner de l’espace. Et je pense qu’une fois que l’on a atteint ses objectifs, l’imagination se met à imaginer de plus grands objectifs ou des objectifs différents. Surtout si ça aide les gens.

Oh oui, je veux dire, tu le sais. Tes clients vont t’envoyer des mails pour te demander : Comment tu peux faire ça ? Tu as ça ? Et je pense qu’une fois que les gens pourront boire plus facilement, que ce ne sera plus un problème, quels autres défis auront-ils, une fois qu’ils auront trouvé la très bonne solution pour les masques et autres, quels sont les autres besoins qu’ils ont, et une des autres solutions qui changent la vie qui existent ou qui pourraient être développées.

L’un de mes tuteurs à l’université de design qui est un inventeur prolifique a dit: “Si vous vous appliquez à concevoir et à penser à prendre n’importe quel produit, vous pourrez toujours trouver des moyens d’innover et d’améliorer les vies”, et parfois ça arrive.

Je veux dire, comment passez-vous votre temps avec toutes ces idées, que faites-vous ?

Anissa:

Je crois que tu n’as pas assez de temps pour faire bouger les choses, mais c’est important de se concentrer sur une chose, étape par étape.

Chris:

Et toi, tu écris tes idées ?

Anissa:

Oui, parce que sinon mon esprit déborderait.

Quelques dernières questions.

Qu’est-ce que l’inclusion pour vous ?

Chris:

L’inclusion en général, c’est pour moi, je crois que c’est tout le monde qui a des opportunités et tout le monde qui a des opportunités dans sa vie, c’est l’égalité des chances et penser à tout le monde quand on fait des choses et qu’on les cultive et je pense qu’en termes de design inclusif, ça inclut l’interface avec le public, les emballages légers, les sites web, etc.

Mais aussi avec les produits, est de penser comment nous pouvons faire un produit qui est attrayant pour tous, mais particulièrement utile pour ceux que vous voulez vraiment aider avec cela.

Anissa:

Et Chris, qu’est-ce qui fait de vous un entrepreneur ?

Chris:

Je pense que pour moi mes forces sont dans le démarrage de choses et j’aime bien cette idée pour n’importe quel projet ou entreprise, c’est vous qui l’inventez, vous le rendez réel et ensuite vous le rendez récurrent, c’est penser à ce que sera la prochaine grande chose pour votre entreprise ou quel sera le prochain produit que vous créez, à certaines compétences.

Penser au futur, c’est créer le futur.

Je pense que les entrepreneurs sont différents de ceux qui ne le sont pas en termes de… Ils sont prêts à prendre un risque, ils savent qu’ils doivent créer de la valeur pour le monde avant de pouvoir en recevoir, et ils ont aussi décidé qu’ils sont les seuls responsables de leurs revenus, et qu’ils ne donnent pas cette responsabilité à un employeur, qu’ils vont créer cette opportunité, alors qu’un employé d’une société est excité par la stabilité et le fait d’avoir une base de revenus stable et sûre. Ce qui peut être excitant pour un entrepreneur, c’est l’opportunité et la possibilité de la saisir.

Je pense que c’est une réflexion utile pour les entrepreneurs en termes de langage utilisé, les entrepreneurs peuvent utiliser différents types de langage comme en anglais, comme vous savez, gagnant ou multiplicateur ou des choses comme ça, sans parler du langage en fait.

J’espère que cela vous a donné des idées utiles.

Anissa:

Oui, c’est vrai.

Tout à l’heure, vous avez parlé des obstacles, mais pendant le développement du projet ou dans l’entreprise, il y a des obstacles, mais il y a aussi de bons souvenirs ou des choses positives qui se produisent.

Quels sont vos meilleurs souvenirs ?

Chris:

Les meilleurs souvenirs sont ceux de la première fois où j’ai utilisé des roulements à billes … J’avais un problème avec mon produit parce que j’avais deux séries des roulements à billes et une bague, et tout était très compliqué.

Et un jour de Noël, j’ai fait un rêve le matin, et un vieil homme m’a dit : “C’est bien, c’est bien, mais que dirais-tu de simplifier les choses ?” Je me suis alors dit qu’il suffisait de faire tourner la poignée plutôt que de la manipuler sous la bague comme un gyroscope. Et je me suis donc mis à l’ordinateur, j’ai fait le design, j’ai pu obtenir le prototype 3D, j’ai fait du prototypage rapide, je l’ai testé avec une personne atteinte de tremblement. Et quand j’ai mis pour la première fois les roulements à billes à l’intérieur de la poignée, j’étais super content car je trouvais que cela fonctionnait vraiment bien, c’était une version vraiment simple de cela plutôt que tout ce truc compliqué.

J’étais super content par le potentiel. J’étais aussi très content quand j’ai rencontré des gens et je garde de bons souvenirs des différentes personnes que j’ai rencontrées et du perfectionnement du produit. Je veux dire que tout n’a pas été facile, ça n’a pas marché pour tout le monde, mais pour ceux pour qui ça a marché, il y avait une vraie différence et ça m’a donné beaucoup de motivations.

Et puis évidemment, voir le produit physique, c’était génial quand il a été fabriqué et livré à mon adresse.

Anissa:

Merci beaucoup Chris pour cette discussion, c’était très intéressant de connaître votre point de vue d’entrepreneur.

Chris:

C’était un plaisir de vous rencontrer et d’entendre parler de vous et de votre succès, et je vous souhaite beaucoup de succès pour l’avenir.

Anissa:

Merci ! Santé à notre avenir.

Si vous aussi, vous êtes créatrice ou créateur d’un produit innovant inclusif, nous souhaitons vous rencontrer.

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